Transpiration : le dernier recours, la chirurgie

Transpiration : le dernier recours, la chirurgie

Quand on transpire à outrance des aisselles et des mains, et qu’on a épuisé toutes les solutions, il reste la chirurgie.

L’opération qu’a subie Estelle lui a fait retrouver la joie de vivre, car elle était affublée d’un handicap rare. Elle transpirait au point que debout, les bras le long du corps, ses mains gouttaient et formaient de petites flaques sur le sol. Naturellement, elle devait se changer plusieurs fois par jour. Elle a consulté de nombreux médecins. Beaucoup lui avaient dit que c’était psychologique !

La sympathectomie

Estelle était en pleine dépression quand un chirurgien lui a proposé la sympathectomie. Cette intervention chirurgicale consiste à couper de chaque côté du thorax le nerf sympathique (c’est son nom !) à l’origine de l’hypersudation. Le chirurgien l’avait prévenue : « Vous ne transpirerez plus des mains ni des aisselles, mais vous risquez d’avoir une hypersudation compensatrice dans la moitié inférieure du corps ».
En effet, Estelle transpire davantage aujourd’hui au niveau de la ceinture, mais au moins, cela ne se remarque plus. Rien à voir avec ce qu’elle avait connu auparavant : des auréoles sous les bras, des mains mouillées en permanence, des serrements de mains à esquiver au risque de paraître impolie, etc. « Le geste chirurgical n’est pas compliqué, estime le Pr Dumont, chirurgien à l’hôpital Trousseau de Tours. L’anesthésie est plus délicate, surtout quand on opère les deux côtés en même temps comme je le pratique. »

Grâce au développement des techniques mini-invasives, notamment la vidéo thoracoscopie, l’intervention est rapide et simple. En moins d’une demi-heure, par une incision de 5 à 10 mm sous chaque aisselle, on atteint le nerf sympathique. Le résultat est spectaculaire. Au réveil, l’opéré a des aisselles et des mains sèches. L’hospitalisation dure 24 heures, les suites sont simples : une fatigue, parfois des douleurs dorsales durant trois semaines, combattues par des antalgiques. Quant aux cicatrices, elles sont invisibles.
Seul inconvénient : l’hypersudation compensatoire atteint trois opérés sur quatre, dont un petit nombre de façon gênante. « D’où la nécessité pour le chirurgien de bien sélectionner les personnes à opérer, précise le Pr Dumont. Cela dit, aucun de ceux que j’ai opérés ne l’a regretté. » Les meilleurs résultats sont obtenus quand il y a hypersudation des mains, associée ou non à celle des aisselles.

Le curetage des glandes sudoripares

Pour la sudation isolée des aisselles, il existe une autre technique chirurgicale moins utilisée, mais néanmoins très efficace qui consiste en un curetage des glandes sudoripares. On racle la face profonde du derme des aisselles avec une curette, en éliminant par la même occasion les bulbes pileux. La cicatrisation est plus longue (trois semaines environ), et les cicatrices sont importantes et visibles.

La lomboscopie

Pour l’hypersudation des pieds, on peut pratiquer une lomboscopie. Le principe est le même que pour la thoracoscopie : une petite incision sur le côté permet d’atteindre le nerf sympathique au niveau lombaire. Mais l’opération est contre-indiquée aux hommes car il existe un risque d’impuissance ou d’éjaculation rétrograde.

 

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